
Cession à titre onéreux de droits indivis à une personne étrangère à l’indivision, sous l’article 815-14. Une donation, une vente du bien entier ou une licitation suit une analyse distincte ; aucun modèle d’acte n’est proposé.
01 / Le champ
Vérifier que l’opération relève de cette procédure
Le texte vise la cession à titre onéreux, à une personne étrangère à l’indivision, de tout ou partie de droits dans un ou plusieurs biens indivis. Il faut donc identifier les vendeurs, les droits cédés et la qualité du repreneur. Le fait qu’un acquéreur soit un parent ne suffit pas à établir qu’il est déjà membre de l’indivision ; il faut lire les droits réels. [1]
Une vente de la maison par tous ses titulaires, une donation de droits ou une licitation ne doit pas être traitée comme cette cession en appliquant automatiquement les mêmes étapes. L’article 815-15 prévoit d’ailleurs un mécanisme propre à certaines adjudications. Faites qualifier le projet avant de fixer un calendrier ou d’utiliser une lettre trouvée en ligne. [1][2]
02 / La notification
Un contenu complet, transmis dans la forme requise
| Élément | Pourquoi le préciser |
|---|---|
| Prix | Le montant auquel la cession est projetée, pour les droits définis. |
| Conditions | Les modalités de l’opération auxquelles les indivisaires doivent pouvoir se substituer. |
| Acquéreur envisagé | Ses nom, domicile et profession, selon les mentions prévues par le texte. |
| Destinataires et forme | Les autres indivisaires, par acte extrajudiciaire organisé avec le professionnel compétent. |
Le notaire prépare et vérifie l’opération immobilière ; le commissaire de justice intervient pour la formalité extrajudiciaire selon la mission confiée. La transmission doit permettre de connaître précisément le projet. Un message disant seulement « je vends ma part » ne contient ni toutes les conditions ni la forme du texte. Conservez les actes et preuves de notification dans le dossier. [1]
Si le prix, le financement ou un autre élément du projet évolue, signalez-le avant de signer. La procédure doit correspondre à la cession réellement réalisée. Demandez aux professionnels si une nouvelle notification ou une autre démarche est nécessaire ; ne supposez pas qu’un premier silence couvre toutes les versions ultérieures.
03 / Les délais
Distinguer l’exercice du droit et la réalisation de la vente
L’indivisaire dispose d’un mois suivant la notification pour faire connaître au cédant, par acte extrajudiciaire, qu’il exerce son droit aux prix et conditions notifiés. L’échéance doit être calculée à partir de l’acte effectivement notifié, avec le professionnel. Elle ne commence pas simplement le jour où le vendeur annonce son intention dans une conversation. [1]
Lorsque le droit est exercé, le préempteur dispose de deux mois pour réaliser la vente, à compter de l’envoi de sa réponse au vendeur. Si ce délai est dépassé, sa déclaration ne devient nulle de plein droit que quinze jours après une mise en demeure restée sans effet, sans préjudice des dommages-intérêts éventuellement réclamés. Le vendeur ne doit donc pas traiter le lendemain du délai de deux mois comme une libération automatique de toute formalité. [1]
Les trois temps de la préemption
- NotificationPrix, conditions et acquéreur communiqués dans la forme requise.
- RéponseUn mois après notification pour exercer le droit.
- RéalisationDeux mois depuis l’envoi de la réponse ; traitement du dépassement et mise en demeure selon le texte.
04 / Plusieurs acheteurs
Si plusieurs indivisaires préemptent
Sauf convention contraire, plusieurs indivisaires qui exercent le droit sont réputés acquérir ensemble la portion vendue, en proportion de leur part respective dans l’indivision. Cela ne signifie pas nécessairement une répartition égale. Le notaire doit établir les quotes-parts après l’opération et les modalités de paiement correspondantes. [1]
Une convention différente entre préempteurs peut être envisagée, mais elle doit être clairement arrêtée. Évitez qu’une personne réponde au nom d’une autre sans pouvoir ou que le financement reste supposé commun. L’identité des acquéreurs réels, les parts et les fonds doivent être cohérents avant la signature.
05 / Sécuriser la cession
Ne pas traiter l’absence de réponse comme une validation générale
Le défaut de préemption dans les conditions du texte n’établit pas à lui seul que tous les autres points de la vente sont réglés. Le titre, les droits, les pouvoirs, les comptes et les autres formalités applicables doivent encore être examinés. Une cession irrégulière peut être contestée : l’article 815-16 prévoit la nullité en cas de méconnaissance des articles 815-14 et 815-15 et réserve l’action aux bénéficiaires des notifications ou à leurs héritiers. [2]
Faites préciser dans la proposition le sort des frais de préparation, les conditions suspensives éventuelles et la manière de traiter une préemption. Un acquéreur extérieur qui présente son achat comme définitif avant cette étape donne une image incomplète du parcours. De votre côté, transmettez les coordonnées connues des indivisaires et signalez une protection ou une difficulté de représentation.




