Aller au contenu

Guide des héritiers · France

Vente d’un bien avec usufruit et nue-propriété

Lorsqu’un conjoint détient l’usufruit et des enfants la nue-propriété, chacun n’a pas une simple fraction du même droit. La vente demande de préciser ce qui est transmis à l’acquéreur et ce que devient le prix.

La réponse essentielle

Pour vendre la pleine propriété, réunir les accords sur les deux droits

Une vente de pleine propriété suppose l’accord des titulaires de l’usufruit et de la nue-propriété concernés. Lorsqu’ils vendent simultanément, l’article 621 prévoit la répartition du prix selon la valeur respective des droits, sauf accord pour reporter l’usufruit sur le prix. La vente sans l’accord de l’usufruitier ne fait pas disparaître son droit, sauf renonciation expresse. Ces choix doivent être explicités avec le notaire avant l’engagement. [1][2]

Maquette de maison en bois, clés et documents sur une table, photographie illustrative de la préparation d’une vente.
Photographie illustrative, sans dossier client représenté. Atlantic Ambience / Pexels · Licence Pexels.

Vente d’un logement démembré dans une succession. Ce guide distingue les droits, les accords et le prix ; il ne suppose aucune offre commerciale de rachat de nue-propriété et ne calcule pas la fiscalité individuelle.

01 / Les droits

Lire ce que chacun détient avant de compter des parts

L’usufruit permet de jouir du bien et d’en percevoir les revenus dans les conditions du droit ; la nue-propriété est un autre droit sur le même bien. Les titulaires ne sont pas, à ce seul titre, deux indivisaires en pleine propriété. En revanche, plusieurs personnes peuvent être indivisaires entre elles en nue-propriété. Une même maison peut donc combiner démembrement et indivision. [1]

Le document doit permettre de répondre
QuestionÀ vérifier
Qui détient l’usufruit ?Titulaire, origine, durée et éventuelles particularités du droit.
Qui détient la nue-propriété ?Tous les titulaires et leurs quotes-parts respectives.
Quels droits veut-on vendre ?Pleine propriété réunie pour la vente ou un droit seulement.
Qui occupe le logement ?Fondement de l’occupation, disponibilité et situation annoncée à l’acquéreur.

Présentez les actes au notaire et évitez de déduire les droits de l’âge ou du lien familial. Le conjoint peut détenir des droits issus de plusieurs actes ou de sa propriété antérieure ; les enfants ne détiennent pas toujours des proportions égales sur tous les biens. Le résumé d’une succession voisine n’est pas une carte applicable à votre dossier.

Pour la gestion entre titulaires de droits de même nature, consultez l’indivision successorale .

02 / Les accords

La vente du droit seul et la vente du bien entier ne sont pas équivalentes

Un nu-propriétaire peut céder sa nue-propriété, mais il ne promet pas ainsi une pleine propriété libre de l’usufruit d’autrui. L’usufruitier peut céder son usufruit selon ses règles ; cela ne transfère pas la nue-propriété. Pour vendre ensemble la pleine propriété, les titulaires concernés doivent consentir à l’opération. [1][2]

Le Code civil protège la continuation de l’usufruit si le bien est vendu sans l’accord de son titulaire, sauf renonciation expresse. Une annonce promettant la pleine propriété libre de l’usufruit alors que ce droit subsiste serait donc incohérente. Avant de convenir d’un prix, expliquez à l’acquéreur ce qui sera réellement cédé et faites relire les engagements. [2]

La procédure des deux tiers de l’article 815-5-1 comporte expressément une exclusion en cas de démembrement. On ne peut donc pas l’invoquer comme raccourci général pour passer outre l’usufruitier. Si un désaccord existe, il faut examiner le droit de chacun et le fondement d’une éventuelle action avec un professionnel. [3]

03 / Le prix

Arrêter le devenir du prix avant de le recevoir

En cas de vente simultanée, l’article 621 prévoit une répartition selon la valeur de l’usufruit et de la nue-propriété, sauf accord des parties pour reporter l’usufruit sur le prix. Ces options n’ont pas le même effet patrimonial. Laisser la question ouverte jusqu’au jour de l’acte peut créer un désaccord alors que le projet de vente était admis. [2]

Deux logiques à discuter avec le notaire [2]
ChoixQuestion déterminante
Répartir le prixQuelle valeur attribuer à chaque droit et quelles sommes reviendront aux titulaires ?
Reporter l’usufruit sur le prixComment formaliser l’accord, l’utilisation des fonds, les droits futurs et les protections nécessaires ?

Il existe un barème fiscal fondé notamment sur l’âge pour évaluer un usufruit viager dans son champ d’application. Une valeur fiscale et l’organisation civile de la vente répondent toutefois à des questions qu’il faut distinguer. Faites expliciter par le notaire la méthode retenue pour le prix, les conséquences fiscales et l’accord des parties ; ne présentez pas un pourcentage lu en ligne comme une solution automatique à tout partage de prix. [1][2]

04 / Les conséquences

Présenter l’historique des droits et la situation des vendeurs

Pour la fiscalité de la cession, transmettez l’origine de l’usufruit et de la nue-propriété, les dates, les valeurs et les actes. Le traitement d’un démembrement ou d’acquisitions successives ne se déduit pas toujours de la formule d’un héritage en pleine propriété. Un vendeur qui habite le logement et un autre qui n’y habite pas peuvent avoir des situations différentes. [4][5]

Demandez un décompte où apparaissent les frais de la vente, les prélèvements éventuels et le traitement des comptes avant les sommes versées. La valeur relative des droits n’explique pas seule le solde reçu. Si les parties envisagent d’utiliser le prix pour un autre projet, faites vérifier la manière de conserver ou modifier leurs droits avant de réserver le nouveau bien.

Les principes généraux sont expliqués dans la plus-value lors d’une revente après héritage .

05 / Préparer l’accord

Mettre par écrit les points encore ouverts

Préparez une synthèse commune : droits, occupation, projet de cession, valeur du bien et devenir du prix. Marquez les accords obtenus et les décisions encore nécessaires. Si un titulaire est protégé ou représenté, signalez-le dès le début ; une entente familiale ne supprime pas les règles attachées à sa situation.

Le parcours en un regard

Trois accords à construire

  1. ObjetQuels droits seront transmis à l’acquéreur ?
  2. ConditionsÀ quel prix, avec quels signataires et quelles modalités ?
  3. ProduitRépartition ou report de l’usufruit, explicitement organisé.
Les questions se complètent ; un accord de principe sur la vente n’épuise pas le dossier. [2]

Pour l’organisation pratique du dossier, examinez l’accompagnement des héritiers .

Les questions des héritiers

Les points à éclaircir sur ce sujet

Succession Direct

Décrire les droits avant de parler d’une vente

Précisez qui détient l’usufruit, qui détient la nue-propriété et ce que les titulaires souhaitent faire du bien et du prix. Ces éléments orientent la préparation avec le notaire.

Retrouver le blog et les guides
Présenter ma situation