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Guide des héritiers · France

Droits de succession sur un bien immobilier : calcul et abattements

Les droits de succession ne correspondent pas à un pourcentage unique du prix de la maison. Ils se calculent à partir de ce que reçoit chaque bénéficiaire, de son lien avec le défunt et des règles fiscales applicables.

La réponse essentielle

Évaluer la transmission, puis calculer pour chaque bénéficiaire

La valeur de l’immobilier entre dans l’actif transmis, avec les autres biens ; les dettes fiscalement admises et les droits de chacun servent à déterminer la part reçue. Un abattement ou une exonération peut ensuite s’appliquer. En ligne directe, l’abattement de 100 000 € par parent et enfant doit être rapproché des donations antérieures, notamment sur quinze ans. Le barème progressif porte sur la part taxable restante, pas sur tout le prix du logement. [1][2][3][4][5]

Illustration de dossiers, d’un plan de logement et de clés réunis sur une table.
Valeurs, droits et donations antérieures doivent être rapprochés avant de calculer la part taxable de chaque bénéficiaire.Illustration créée par IA ; aucun bien réel représenté.

Principes du calcul en France et exemple en ligne directe, hors régime spécial et situation internationale. Les frais notariaux, le droit de partage et la plus-value à la revente sont des postes distincts.

01 / La base

La maison n’est qu’une composante de la transmission

Le premier travail consiste à distinguer ce qui appartenait au défunt de ce qui appartient déjà au conjoint ou à un tiers. Un logement acquis à deux n’entre pas nécessairement pour sa totalité dans la succession. Les actes et, lorsqu’il y a lieu, la liquidation du régime matrimonial permettent de préciser l’actif transmis. Il faut ensuite examiner aussi les comptes, le mobilier, les autres biens et les dettes : l’immobilier ne se calcule pas isolément du dossier.

L’immeuble est en principe évalué à sa valeur vénale réelle au décès. Certains régimes particuliers modifient l’assiette sous conditions. Une dette ne se déduit pas seulement parce qu’une facture existe : il faut établir son caractère déductible et sa justification. Conservez donc la valeur brute du bien, les dettes examinées et la part effectivement transmise sur des lignes séparées. [1][2]

La base immobilière doit être documentée : consultez la méthode d’estimation en succession .

Pour préparer les actifs et justificatifs, retrouvez la déclaration de succession immobilière .

Pour approfondir une question liée : Donations antérieures : quel effet sur le partage d’une succession immobilière ? .

Pour approfondir une question liée : Donner à ses petits-enfants pour un projet immobilier : que faut-il vérifier ? .

02 / Votre situation

Exonération et abattement ne signifient pas la même chose

Le conjoint survivant et le partenaire de Pacs bénéficiaire de la succession sont exonérés de droits de succession. L’exonération fiscale ne dit pas qui hérite : le partenaire de Pacs n’est pas rendu héritier par cette seule règle. Il faut distinguer le titre qui permet de recevoir et l’impôt sur ce qui est reçu. Une exonération n’efface pas non plus automatiquement les frais d’actes nécessaires au dossier. [6][7]

Quelques abattements à identifier avant le barème [3][6]
SituationRepère et limites
Enfant ou ascendant100 000 € sur sa part, sous les conditions de l’article 779 ; la représentation peut entraîner un partage de l’abattement.
Frère ou sœur15 932 € lorsque l’exonération spécifique n’est pas applicable ; conditions à vérifier.
Neveu ou nièce7 967 € dans le cas relevant de cet abattement ; une représentation successorale doit être analysée séparément.
Handicap répondant aux conditions fiscales159 325 € supplémentaires lorsque les conditions légales sont remplies ; le seul intitulé d’une situation personnelle ne suffit pas.

Ne transposez pas le montant applicable à un enfant à un petit-enfant, un beau-fils ou un concubin sur la seule proximité familiale. La représentation, l’adoption et les situations particulières ont leurs règles. Une famille peut réunir plusieurs bénéficiaires qui reçoivent des valeurs comparables mais supportent des droits différents. [3][6]

03 / Les donations

Vérifier l’abattement encore disponible

Les donations antérieures peuvent modifier les abattements et les tranches disponibles lors de la succession. Le rappel fiscal des donations doit être examiné, notamment avec le délai de quinze ans prévu par l’article 784. Une donation déclarée et une somme familiale dont la qualification reste incertaine ne se traitent pas en supposant qu’elles ont le même statut. [4]

Préparez les actes de donation, dates, montants et références de déclaration disponibles. Ne retenez pas uniquement ce dont vous vous souvenez avoir reçu : le notaire doit rapprocher les opérations et la situation de chaque bénéficiaire. Le rappel fiscal ne se confond pas avec le rapport civil des donations, qui concerne les comptes entre héritiers. Le fait qu’une donation soit ancienne ne règle donc pas toutes les questions du partage. [4]

04 / Le calcul

Appliquer chaque taux à sa tranche

Barème en ligne directe sur la part taxable [5]
Fraction taxableTaux
Jusqu’à 8 072 €5 %
De 8 072 € à 12 109 €10 %
De 12 109 € à 15 932 €15 %
De 15 932 € à 552 324 €20 %
De 552 324 € à 902 838 €30 %
De 902 838 € à 1 805 677 €40 %
Au-delà de 1 805 677 €45 %

Dans l’exemple de la part taxable de 50 000 €, sans donation antérieure consommant des tranches, le calcul est : 8 072 × 5 % = 403,60 € ; 4 037 × 10 % = 403,70 € ; 3 823 × 15 % = 573,45 € ; 34 068 × 20 % = 6 813,60 €. Le total arithmétique est 8 194,35 €, soit environ 8 194 € avant les règles d’arrondi du décompte. Appliquer 20 % à toute la part taxable donnerait à tort 10 000 €. [5]

Cet exemple pédagogique concerne un bénéficiaire et une hypothèse précise. Il n’est ni le coût d’une maison de 150 000 € ni le total des frais de la succession. Il ne comprend pas les actes, débours, éventuels droits de partage, ni l’impôt d’une vente future. Pour plusieurs enfants, le calcul doit être reconstruit à partir de la part et de l’historique de chacun.

Le parcours en un regard

Le chemin du calcul

  1. PatrimoineValeurs et dettes admissibles.
  2. Part reçueDroits de chaque bénéficiaire.
  3. AbattementMontant disponible et donations passées.
  4. BarèmeTranches ou taux du lien de parenté.
Les quatre étapes sont successives ; une exonération ou un régime spécial peut modifier le résultat. [2][3][5]

05 / Le financement

Prévoir le paiement indépendamment de la vente

Une succession riche en immobilier peut manquer de liquidités. Dans le régime ordinaire, les droits se règlent avec le dépôt de la déclaration ; le fait de mettre en vente ne crée pas de report automatique. Signalez rapidement la difficulté au notaire et au service fiscal pour étudier les mécanismes de paiement éventuellement ouverts, leurs conditions et leurs garanties. [8]

Demandez un décompte qui sépare impôt de transmission, frais d’actes, autres dépenses et provisions déjà versées. Si vous envisagez une vente, comparez son produit prévisible aux sommes réellement exigibles, sans confondre prix net vendeur et somme librement disponible après comptes. Une offre reçue n’est pas encore une trésorerie encaissée.

Pour lire les postes du décompte, consultez les frais notariaux de succession .

Les questions des héritiers

Les points à éclaircir sur ce sujet

Pour vérifier et approfondir

Les sources de ce guide

Sources consultées le 18 septembre 2026. Ce guide fournit des repères généraux ; le notaire examine les droits, les actes et la fiscalité propres à votre dossier. Les exemples sont fictifs et pédagogiques.

  1. 1. Code général des impôts, article 761 LégifranceValeur vénale réelle des immeubles à la date de transmission ; autres règles d’assiette à examiner selon les droits transmis.
  2. 2. CGI : dispositions spéciales aux successions LégifranceArticles 768 et suivants : dettes à la charge du défunt, preuve, exclusions et frais particuliers. Une dépense engagée après le décès n’est pas automatiquement déductible.
  3. 3. Code général des impôts, article 779 LégifranceAbattement de 100 000 euros en ligne directe, représentation, handicap, frères et sœurs et neveux ou nièces ; conditions propres à chaque cas.
  4. 4. CGI : articles 779 à 787 C LégifranceArticle 784 : prise en compte des donations antérieures et délai de quinze ans ; ne pas confondre avec le rapport civil des donations.
  5. 5. CGI : tarif et liquidation des droits de mutation LégifranceArticle 777 : barème progressif en ligne directe, de 5 à 45 %, appliqué après détermination de la part taxable.
  6. 6. Droits à payer selon le lien avec le défunt Service Public — DILAExonération du conjoint ou partenaire de Pacs bénéficiaire, abattements et distinction selon le lien familial.
  7. 7. Frais de notaire : de quoi s’agit-il ? Service Public — DILADistinction émoluments réglementés, honoraires, débours et droits/taxes ; informations et compte détaillé.
  8. 8. Droits de succession : déclaration Service Public — DILADéclaration, dispenses, délais, paiement et cas territoriaux. Les exemples de dates de la fiche ne sont pas repris.

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