
Repères pour une maison ou un appartement reçu en succession en France métropolitaine. Le terme « squatté » suppose une qualification des faits : locataire, personne hébergée, cohéritier ou titulaire d’un droit au logement ne relèvent pas automatiquement du squat. Les situations ultramarines et les régimes particuliers demandent une vérification propre.
01 / Identifier
Est-ce vraiment un squat, ou une autre occupation du logement ?
La première difficulté n’est pas toujours de faire partir un occupant : c’est de comprendre pourquoi il est là. Une maison fermée depuis le décès, un voisin qui signale des allées et venues ou un proche qui possède les clés ne suffisent pas à établir une intrusion. Cherchez ce que le défunt avait effectivement accepté et ce que l’occupant invoque.
Service Public distingue l’entrée par effraction, tromperie, menace ou violence du maintien d’un ancien locataire d’habitation ou d’une personne auparavant hébergée. Le maintien après une location en meublé de tourisme relève désormais d’un traitement particulier. L’absence de bail écrit retrouvé ne permet donc pas, à elle seule, de conclure à un squat. [1]
| Ce que vous découvrez | Ce qu’il faut rechercher | La bonne question |
|---|---|---|
| Une entrée sans autorisation est signalée | Circonstances d’accès, dates et éléments constatés. | Les faits permettent-ils de caractériser une occupation illicite relevant du dispositif envisagé ? |
| Un ancien locataire occupe encore le logement | Bail, paiements, congés, décisions et actes éventuels. | Quel est l’état du contrat et de la procédure locative ? |
| Un ami ou un membre de la famille était accueilli | Accord du défunt, messages, convention et conditions de l’accueil. | Sur quel fondement l’occupation a-t-elle commencé et se poursuit-elle ? |
| Un héritier, le conjoint ou un usufruitier réside sur place | Actes successoraux, droits au logement et accords d’usage. | Quels droits cette personne détient-elle réellement ? |
Cette distinction change les interlocuteurs, les pièces et la procédure. Elle évite aussi un conflit inutile : appeler « squatteur » un frère qui invoque des droits indivis ne permet pas de régler les comptes de la succession. Faites préciser les droits avant de formuler une demande de départ.
02 / Préparer
Que faire dès la découverte d’une maison héritée présumée squattée ?
Commencez par informer le notaire chargé de la succession et par centraliser les informations. Si une intrusion est suspectée, contactez la police ou la gendarmerie ; en présence d’un danger immédiat, sollicitez les secours compétents. Décrivez ce que vous savez, sans compléter les inconnues par des suppositions. [1]
N’essayez pas de reprendre le logement par la force, de sortir les affaires de l’occupant ou de provoquer son départ par des coupures. L’article 226-4-2 du Code pénal sanctionne la contrainte exercée pour faire quitter un lieu habité hors du cadre légal. Une entreprise commerciale ou la possession d’un double des clés ne vous dispense pas de ce cadre. [8]
Construisez ensuite une chronologie courte : dernière visite connue, personnes qui avaient accès, date de découverte, dommages observés, courriers reçus et démarches déjà entreprises. Écrivez par exemple « porte endommagée vue le 12 » plutôt que « intrusion le 12 » si personne n’a assisté à l’entrée. Un fait daté est plus utile qu’un récit affirmatif mais invérifiable.
| Pièces ou informations | Utilité | Si elles manquent |
|---|---|---|
| Acte de décès, coordonnées du notaire et documents successoraux | Identifier la succession et faire préciser la qualité des personnes qui agissent. | Signaler au notaire les documents encore attendus. |
| Titre du défunt et attestation immobilière lorsqu’elle est établie | Documenter la propriété et la transmission. | Demander à l’étude comment obtenir les pièces utiles à la démarche. |
| Baux, conventions, messages et traces de paiements | Reconstituer l’origine de l’occupation. | Distinguer « non retrouvé » de « inexistant ». |
| Constats, récépissé de plainte et actes déjà délivrés | Éviter de recommencer une démarche et connaître l’état du dossier. | Récupérer les références auprès de l’interlocuteur qui les détient. |
| Assurance, avis fiscaux, comptes de copropriété et factures | Recenser les échéances et préparer un budget. | Établir une liste des interlocuteurs à contacter. |
Conservez les originaux et partagez des copies avec les destinataires utiles. Pour un premier échange commercial, la commune, le type de bien, sa surface approximative et une description prudente de l’occupation peuvent suffire à ouvrir la discussion. Les pièces d’identité ou les informations personnelles sur les occupants ne sont pas à diffuser à tous les acheteurs potentiels.
Le dossier avance sur deux plans en parallèle
- Qui peut agir ?Faire établir les droits et les pouvoirs avec le notaire.
- Que se passe-t-il sur place ?Conserver les faits datés et les pièces d’occupation.
- Quelle démarche est adaptée ?Faire rapprocher ces informations par le professionnel compétent.
- Quel projet préparer ?Récupération, conservation ou vente selon les droits et les contraintes.
03 / Les héritiers
Qui peut décider lorsque plusieurs héritiers sont concernés ?
La présence d’un bien immobilier dans la succession impose le recours au notaire. Celui-ci précise les héritiers, les quotes-parts, les éventuels droits du conjoint et les actes nécessaires à la transmission. Un logement occupé ne permet pas de faire l’économie de ce travail : la difficulté matérielle et la propriété sont deux sujets à traiter ensemble. [2]
Lorsqu’il existe une indivision, un indivisaire peut prendre les mesures nécessaires à la conservation du bien, même sans urgence. Ce pouvoir ne signifie pas qu’il peut accomplir n’importe quel acte ou organiser une éviction. Faites qualifier la mesure envisagée avant d’engager une dépense ou de signer pour les autres. [3]
La vente amiable du bien immobilier entier requiert en principe l’accord de tous les indivisaires. Des dérogations judiciaires existent, avec leurs conditions. La majorité des deux tiers prévue pour certains actes de gestion ne suffit pas, à elle seule, à autoriser une vente amiable de la maison. Un usufruit, un héritier protégé ou un démembrement exige une analyse supplémentaire. [4][5]
Désignez un référent pour transmettre les nouvelles pièces et recevoir les devis. Son rôle pratique doit être clair : centraliser les échanges ne lui donne pas automatiquement le pouvoir de signer un mandat, une transaction ou une vente au nom des autres. Demandez au notaire de vérifier les procurations et les autorisations nécessaires à chaque engagement.
04 / Les démarches
Comment faire examiner la récupération du logement ?
Deux voies doivent être distinguées : l’évacuation administrative prévue par l’article 38 de la loi du 5 mars 2007 et la procédure judiciaire d’expulsion. Leur emploi dépend notamment des conditions d’entrée et du cadre d’occupation. Le décès du propriétaire n’ouvre pas une procédure automatique propre aux héritiers. [6][7]
La voie administrative : un dossier à constituer
Dans son champ d’application, l’article 38 prévoit une plainte, la preuve du domicile ou de la propriété et un constat de l’occupation illicite par un officier de police judiciaire, le maire ou un commissaire de justice. Faites vérifier comment justifier votre qualité de demandeur avec les pièces successorales. [6]
Les 48 heures concernent la décision de mise en demeure après réception de la demande, et non la récupération du logement. La mise en demeure laisse au moins 24 heures aux occupants ; le minimum passe à sept jours si le local n’est pas le domicile du demandeur. Le cadre d’exécution et les recours doivent aussi être examinés. [6]
La voie judiciaire : des actes et une exécution à organiser
Sauf disposition spéciale, l’article L411-1 du Code des procédures civiles d’exécution exige une décision de justice ou un procès-verbal de conciliation exécutoire, puis la signification d’un commandement de libérer les locaux. L’avocat examine la stratégie contentieuse ; le commissaire de justice intervient pour les actes et leur exécution dans son champ de compétence. [7]
| Interlocuteur | Question à lui poser |
|---|---|
| Notaire | Quels droits et pouvoirs pouvons-nous justifier ? Quels actes successoraux et conditions de vente faut-il prévoir ? |
| Avocat | Quelle qualification et quelle démarche sont adaptées aux faits ? Quel est le périmètre de votre intervention ? |
| Commissaire de justice | Quels constats, significations ou actes d’exécution sont nécessaires ? Quel devis et quelles pièces fournir ? |
| Police, gendarmerie et préfecture | Comment signaler les faits et présenter la demande relevant de leurs compétences ? |
| Assureur | Quelle situation déclarer et quelles garanties peuvent être mobilisées selon le contrat ? |
Demandez toujours quel acte est prévu, qui le réalise et ce qui est compris dans le devis. Un accompagnateur peut aider à organiser le dossier et coordonner les intervenants ; il ne remplace ni le juge, ni la préfecture, ni les professionnels habilités. Les dates annoncées doivent rester cohérentes avec l’étape réellement atteinte.
05 / Le budget
Quels frais anticiper pendant que la maison reste occupée ?
L’occupation rend parfois le budget difficile à lire : une dépense certaine côtoie un devis, une réparation supposée ou l’espoir d’être indemnisé. Rangez ces montants dans des colonnes différentes. Une créance réclamée à l’occupant n’est pas une somme déjà encaissée ; elle ne doit pas financer sur le papier une facture qui arrive cette semaine.
| Poste | À demander ou vérifier | À ne pas présumer |
|---|---|---|
| Assurance et éventuel sinistre | La situation déclarée, les garanties, franchises et justificatifs demandés. | Qu’un contrat couvre tous les effets d’une occupation illicite. |
| Taxe foncière et copropriété | Les avis, échéances, appels de fonds et comptes à transmettre au notaire. | Que l’occupation fasse disparaître les factures. |
| Constats, conseil et procédure | Des devis précisant honoraires, débours, actes et prestations complémentaires. | Qu’un prix d’accompagnement inclue toutes les interventions. |
| Remise en état après libération | Un état observable, puis des devis fondés sur l’accès réel. | Qu’une ancienne photographie décrive l’état actuel. |
| Éventuelle indemnisation | Le fondement, la personne à qui la demande est adressée et son état d’avancement. | Qu’une demande aboutira ou sera payée à une date certaine. |
En indivision successorale, la taxe foncière reste à traiter dans les comptes : celle de l’année du décès est une dette de la succession et, en présence de plusieurs héritiers, chacun supporte sa part selon ses droits. En présence d’un usufruit, le redevable est en principe l’usufruitier. Transmettez l’avis au notaire plutôt que de répartir les sommes à parts égales sans vérifier les droits. [9]
Le calendrier fiscal doit aussi être suivi pendant la procédure. Pour un décès en France métropolitaine, le délai de dépôt de la déclaration de succession est en principe de six mois ; les dispenses et autres lieux de décès demandent leur propre vérification. Les droits sont normalement payés au dépôt, avec des possibilités de délai sous conditions. N’attendez pas la libération du bien pour aborder ces échéances avec le notaire. [10][11]
Si un héritier avance une facture, conservez le justificatif, la date, l’objet et les échanges qui ont précédé le paiement. Cette trace facilitera l’examen des comptes ; elle ne transforme pas automatiquement toute dépense décidée seul en somme remboursable par les autres.
06 / Choisir
Conserver, récupérer ou vendre : comment comparer les solutions ?
Il n’existe pas une réponse identique pour toutes les familles. L’attachement au logement, la trésorerie disponible, l’éloignement des héritiers et l’état du dossier comptent. Comparez des projets décrits de la même façon, plutôt qu’un prix possible demain avec une somme proposée aujourd’hui.
| Projet | Ce qu’il faut préparer | Le point décisif |
|---|---|---|
| Conserver le bien | Organisation du suivi, budget et réexamen de la situation avec les professionnels. | La famille peut-elle porter les frais et les incertitudes ? |
| Rechercher sa libération avant de vendre | Démarche adaptée, suivi des actes, puis accès réel et état du logement. | Le projet supporte-t-il une durée et un coût encore incertains ? |
| Étudier une vente avec l’occupation actuelle | Droits des vendeurs, informations transmises à l’acquéreur et conditions écrites. | La proposition tient-elle réellement compte de l’occupation présente ? |
Si vous souhaitez récupérer le logement
Demandez un accompagnement défini par écrit : pièces à rassembler, intervenants à coordonner, actes inclus ou facturés séparément, fréquence du suivi et conditions d’arrêt de la mission. Le prix affiché d’un forfait ne suffit pas à comprendre le coût complet du dossier.
Pour les héritiers qui souhaitent examiner cette voie, la page de Libère Ton Squat consacrée à l’accompagnement d’une expulsion présente la coordination du dossier et des intervenants. Faites préciser par écrit la mission, le coût total, les exclusions éventuelles et le rôle des professionnels habilités. Cette présentation ne vaut pas garantie d’expulsion ni de délai. [13]
Si vous envisagez une vente dans l’état d’occupation actuel
Préparer ce scénario suppose d’abord de dire clairement ce qui est connu et ce qui ne l’est pas : occupation, procédure, possibilité de visite, état intérieur et diagnostics disponibles. Le devoir d’information précontractuelle porte sur les informations déterminantes pour le consentement dans les conditions de l’article 1112-1 du Code civil. Faites organiser leur transmission et la rédaction des engagements par le notaire. [12]
Pour approfondir cette option, le guide de Vendre mon bien squatté sur la vente d’un bien squatté en succession ou en indivision détaille les vérifications de propriété, de pouvoirs et d’occupation, puis oriente vers l’étude d’un rachat. Demandez si l’éventuelle offre porte sur l’occupation actuelle, quelles conditions restent à remplir et quel montant reviendrait aux vendeurs. Une demande d’étude ne garantit ni offre ni achat. [14]
Ne retenez pas une « décote type » : demandez au candidat acquéreur d’expliquer ses hypothèses. Si l’intérieur est inaccessible, une estimation doit distinguer l’état observé, les éléments documentés et les inconnues. De même, un montant annoncé pour un logement libre ne prouve pas ce qu’il serait possible d’en obtenir après libération, travaux et commercialisation.

07 / Avancer
Un exemple pour organiser les décisions sans tout mélanger
Pour préparer votre prochain rendez-vous, écrivez une page avec quatre rubriques : les droits connus, les faits observés, les démarches déjà réalisées et le projet de chaque héritier. Ajoutez une liste courte des décisions à prendre. Vous pourrez alors demander une réponse sur un point précis, plutôt qu’une promesse générale de « régler le squat ».
- Ce qui est établi : documents successoraux disponibles, nature du bien, occupation et actes déjà reçus.
- Ce qui reste à vérifier : origine de l’accès, droits invoqués, état intérieur, pouvoirs et frais.
- Ce que vous cherchez : conserver, faire examiner la récupération ou étudier une vente.
- La prochaine étape : un document à retrouver, un avis à obtenir ou une proposition à faire préciser.
Succession Direct peut recevoir votre demande immobilière et examiner le parcours adapté entre rachat, mandat de vente et accompagnement des héritiers. L’étude commerciale s’appuie sur votre situation réelle ; les droits successoraux et les démarches de récupération restent à traiter avec leurs interlocuteurs compétents.




