
Maison reçue en succession en France métropolitaine, dont l’occupation a été signalée et doit être documentée. Ce guide porte sur la préparation d’une vente du bien entier ; il ne traite ni d’une expulsion complète ni de la cession isolée d’une quote-part. Usufruit, protection juridique, bail ou régime territorial particulier appellent un examen adapté.
01 / Les droits
Avant de chercher un acheteur, préciser ce que les héritiers peuvent vendre
Une demande d’estimation peut être préparée très tôt ; elle ne prouve pas que les signatures nécessaires sont déjà réunies. Faites préciser au notaire l’identité des titulaires des droits, leurs quotes-parts et les éventuels droits du conjoint. Le règlement complet de tous les comptes familiaux et la préparation d’un acte de vente sont deux sujets à situer dans le dossier, sans les confondre. [1]
Pour une vente amiable de l’immeuble indivis entier, l’accord de tous les indivisaires est en principe requis. Les dérogations judiciaires ont leurs conditions propres. La personne qui transmet les pièces ou demande un rendez-vous n’est donc pas automatiquement habilitée à signer pour les autres. [2]
| Projet annoncé | Ce que l’acquéreur étudie | Vérification à demander |
|---|---|---|
| Vente du bien entier | L’ensemble des droits promis sur la maison. | Tous les consentements, pouvoirs et éventuelles autorisations nécessaires. |
| Vente avec usufruit ou nue-propriété | Les droits précisément désignés dans le projet. | La nature de l’objet cédé et les personnes qui doivent intervenir. |
| Cession d’une seule quote-part | Les droits d’un vendeur dans l’indivision. | Un régime distinct de la vente de la maison entière. |
Si un héritier manque à l’appel, conteste le prix ou veut conserver la maison, indiquez-le avant de présenter le dossier comme une vente décidée. Un acheteur peut étudier une hypothèse ; il ne faut pas lui annoncer un accord familial qui reste à construire.
02 / L’occupation
Décrire l’occupation à l’acquéreur sans masquer les inconnues
Présentez une situation datée : les faits observés, les documents retrouvés, les démarches entreprises et les points encore discutés. Écrivez « l’accès intérieur n’a pas été obtenu » plutôt que « la maison est en bon état » si l’appréciation repose seulement sur une photographie ancienne. Une information limitée mais exacte est plus exploitable qu’un dossier rassurant en apparence.
L’information précontractuelle vise, dans les conditions de l’article 1112-1, ce qui est déterminant pour le consentement de l’autre partie. Signalez donc au notaire l’occupation connue, les actes reçus et les éléments susceptibles d’affecter l’opération, afin d’organiser leur transmission et leur traduction dans les engagements. [3]
| Information | Présentation utile | Pièce ou réserve |
|---|---|---|
| Date de découverte | Le jour où l’occupation a été constatée. | Ne pas en déduire la date d’entrée sans preuve. |
| Origine de l’accès | Entrée illicite alléguée, bail, accueil ou autre fondement à établir. | Conserver accords, échanges et actes ; qualification à faire vérifier. |
| État intérieur | Ce qu’une visite ou une pièce datée permet réellement de décrire. | Signaler les espaces non visités et l’ancienneté des informations. |
| Procédure | L’étape atteinte et les actes disponibles. | Distinguer une demande, une décision et son exécution. |
| Libération | Ce qui est réalisé et ce qui est seulement envisagé. | Une échéance espérée n’est pas une remise des clés acquise. |
Les noms, coordonnées ou situations personnelles des occupants ne doivent pas devenir un argument public de commercialisation. Demandez au notaire quelles informations sont utiles au dossier, à quel destinataire et sous quelle forme. La confidentialité des pièces et la description de la difficulté immobilière peuvent être organisées séparément.
03 / Le dossier
Quels documents préparer, notamment si l’intérieur est inaccessible ?
Classez les pièces en quatre ensembles : propriété et succession, occupation et démarches, caractéristiques du bien, puis conditions du projet. N’attendez pas d’avoir un dossier parfait pour dresser la liste des manques : c’est précisément cette liste qui permet au professionnel de dire ce qu’il peut étudier et ce qui bloque encore.
| Ensemble | Éléments disponibles à réunir | Question à résoudre |
|---|---|---|
| Droits et succession | Titre, pièces successorales établies, coordonnées du notaire, quotes-parts et procurations existantes. | Qui doit consentir et quelles formalités restent à préparer ? |
| Occupation | Chronologie, contrats ou accords retrouvés, constats, plainte et actes de procédure. | Quelle situation est décrite à l’acheteur ? |
| Bien et environnement | Adresse, parcelle, surfaces documentées, plans, documents de copropriété le cas échéant. | Quels éléments sont actuels, anciens ou non vérifiés ? |
| Technique | Diagnostics existants, dates, périmètres et informations sur l’accès. | Que faut-il compléter ou refaire pour la vente ? |
| Comptes et proposition | Avis de taxe, appels de charges, devis, offre reçue et conditions écrites. | Quelles dépenses et retenues restent à chiffrer ? |
Le vendeur doit fournir les diagnostics applicables au logement dans le dossier de diagnostic technique. Leur contenu dépend notamment de la nature du bien, de son ancienneté, de ses équipements et de sa localisation. Faites déterminer les documents et leur calendrier de remise par le diagnostiqueur et le notaire ; le fait de vendre occupé ne permet pas d’annoncer une dispense générale. [4]
Si l’accès est refusé ou matériellement impossible, signalez-le avant de commander une intervention. Demandez ce qui peut effectivement être constaté, ce qui nécessite une visite et ce que le professionnel peut remettre. Une ancienne facture de travaux ne remplace pas un diagnostic actuel ; une intervention non réalisée ne doit pas être présentée comme achevée.
N’organisez pas un accès forcé pour obtenir une photographie, une visite d’acheteur ou un diagnostic. La démarche autorisée et les modalités d’intervention doivent être vérifiées avec les professionnels compétents. La nécessité de préparer la vente ne justifie pas de contraindre soi-même l’occupant à quitter les lieux. [6]
04 / Le prix
Comment discuter le prix sans appliquer une décote automatique ?
Demandez d’abord une référence de marché expliquée : type de maison, localisation, surface documentée, état connu et biens réellement comparables. Décrivez ensuite ce que l’occupation change dans le dossier présenté. Un prix affiché en ligne pour une maison libre ne prouve ni le prix réalisable de votre maison ni celui qu’un acquéreur accepterait dans l’état actuel.
Un acheteur peut intégrer une incertitude sur l’accès, les travaux, les démarches et son propre projet. Faites expliciter ces hypothèses. Vous pouvez discuter un raisonnement, demander une seconde lecture et rapprocher les postes ; un pourcentage présenté comme la décote obligatoire de tous les squats ne suffit pas à justifier une proposition.
La comparaison doit surtout porter sur des engagements semblables. Une estimation pour un logement libéré, accessible et remis en état est un scénario futur. Une offre portant sur l’occupation présente répond à une autre situation. Présenter les deux montants côte à côte sans leurs conditions donne une impression de perte ou de gain qui peut être trompeuse.
| À comparer | Question à poser |
|---|---|
| Occupation retenue | L’offre vaut-elle avec les occupants actuels ou après leur départ ? |
| État et accès | Quelles visites et quelles informations fondent le montant ? |
| Frais et travaux | Qu’est-ce qui est déduit, inclus, laissé au vendeur ou encore inconnu ? |
| Calendrier | À quelle étape correspond la date annoncée et quelles conditions la précèdent ? |
| Conditions de l’offre | Quelles réserves, pièces ou vérifications peuvent encore modifier le projet ? |

05 / L’acquéreur
Vers quelle étude orienter un projet de vente en l’état ?
Commencez par demander qui envisage d’acheter, quel bien est étudié, sur quelles pièces et avec quelles réserves. Faites préciser le financement annoncé, la durée de validité de la proposition et la personne qui suivra le dossier chez le notaire. Une conversation sur un prix n’est pas un projet complet d’acquisition.
La page de rachat de biens squattés de Vendre mon bien squatté présente l’étude d’une cession en tenant compte de l’occupation. Elle correspond au besoin de faire examiner une vente, plutôt qu’à une recherche générale sur le squat. Demandez expressément si le dossier étudié est celui d’une succession et quelles conditions doivent encore être vérifiées. [8]
Pour un contexte successoral, Libère Ton Squat présente une étude de rachat d’un bien squatté reçu en succession, avec une coordination annoncée autour du dossier et des signatures. Faites préciser les engagements proposés par écrit. L’intervention commerciale ne remplace ni l’accord des titulaires des droits ni la préparation des actes par le notaire. [9][2]
Ces pages servent à identifier une piste de discussion. Les résultats commerciaux et les délais affichés par un opérateur ne prouvent pas ce qui se passera dans votre dossier. Comparez les conditions écrites et conservez la possibilité de faire relire la proposition avant de vous engager.
06 / S’engager
Que faire vérifier avant d’accepter une offre ou de fixer une signature ?
Transmettez la proposition complète au notaire, et pas seulement son montant dans un message. Demandez ce qui est promis au sujet de l’occupation, de l’accès, des diagnostics et de la disponibilité du logement. Les conditions doivent correspondre au même dossier que celui examiné par l’acquéreur.
Faites clarifier les responsabilités à chaque étape : qui transmet les pièces, qui organise les accès autorisés, qui reçoit les actes de procédure et qui informe l’acquéreur si la situation change. Une demande, une décision et une exécution déjà réalisée ne doivent pas être décrites comme un seul événement.
Quatre vérifications avant un engagement de vente
- ObjetLe bien entier ou des droits précisément désignés.
- PouvoirsLes consentements, procurations et autorisations utiles.
- InformationL’occupation et l’état connus, avec leurs limites.
- ConditionsLes réserves, frais et étapes restant à remplir.
Si l’occupation évolue pendant la préparation, actualisez le dossier. Un départ annoncé, une nouvelle contestation, un sinistre ou un accès enfin obtenu peut changer les informations sur lesquelles repose la proposition. Faites examiner cette évolution avant de continuer avec un document devenu inexact. [3]
La vente et la répartition des fonds sont également deux étapes à distinguer. Demandez au notaire un décompte faisant apparaître les retenues, les dettes et les comptes pertinents ; le prix annoncé ne se divise pas nécessairement en virements égaux. Les droits de chacun et les comptes doivent être rapprochés. [7]
07 / Commencer
Préparer le premier échange avec un dossier court et honnête
Vous pouvez commencer par une page de synthèse, même sans toutes les pièces. Indiquez la commune, la nature de la maison, la surface telle qu’elle est documentée, l’occupation connue et le nom du notaire. Ajoutez l’objectif des héritiers et les principaux points restant à vérifier.
- Les droits établis et les personnes à consulter pour la vente.
- La description datée de l’occupation et les démarches connues.
- L’état réellement accessible, les documents techniques disponibles et leurs limites.
- La proposition attendue : étude avec l’occupation actuelle ou projet après libération.
- Les questions précises à poser sur les frais, les réserves et le calendrier.
Cette préparation permet de demander une étude sur votre situation réelle. Elle vous évite de remplir les inconnues par une promesse de disponibilité, de prix ou de signature. L’étape utile est celle qui clarifie le prochain engagement.




