
Indivision successorale portant sur une maison ou un appartement en France métropolitaine. Le squat doit être distingué de l’occupation par un cohéritier, un locataire ou le titulaire d’un droit au logement. Usufruit, héritier protégé, impossibilité de manifester sa volonté ou régime ultramarin nécessitent une analyse particulière.
01 / Distinguer
Le squat et l’indivision posent deux questions différentes
La première question concerne l’occupation : qui se trouve sur place, comment l’accès a-t-il été obtenu et quels actes existent ? La seconde concerne les droits : qui détient quoi et qui peut engager quelle démarche ? Un accord entre héritiers sur le souhait de vendre ne règle pas à lui seul la situation de l’occupant.
À l’inverse, l’existence d’une procédure de récupération ne permet pas de traiter la maison comme si un seul héritier en décidait. Commencez par un tableau des titulaires des droits, des quotes-parts et des coordonnées du notaire. La dévolution successorale et les actes doivent être établis à partir des pièces du dossier. [1][2]
| Sujet | Information à réunir | Décision à préparer |
|---|---|---|
| Occupation | Origine de l’accès, accords invoqués, constats et actes disponibles. | Quelle démarche doit être examinée par le professionnel compétent ? |
| Propriété | Actes successoraux, quotes-parts et éventuels droits particuliers. | Qui doit intervenir et avec quels pouvoirs ? |
| Dépenses | Échéances, factures, avances et devis. | Qu’est-ce qui est nécessaire, décidé ou encore discuté ? |
| Projet | Conserver, rechercher la libération, vendre ensemble ou céder des droits. | Quelle option chacun souhaite-t-il réellement étudier ? |
Si l’occupant est lui-même héritier, reprenez d’abord l’analyse de son droit d’usage et des accords. Le conflit ne devient pas un squat par le seul emploi du mot. De même, le silence d’un héritier éloigné et le refus explicite de vendre demandent des lectures différentes.
02 / Les pouvoirs
Qui peut agir, et avec quel accord ?
L’article 815-2 permet à un indivisaire de prendre les mesures nécessaires à la conservation du bien, même sans urgence. Il faut toutefois qualifier la mesure réellement envisagée : demander un constat, engager une procédure, conclure une transaction ou vendre ne se rangent pas automatiquement dans la même catégorie. Faites vérifier la qualité pour agir et les pouvoirs nécessaires à l’acte précis. [4]
Pour certains actes d’administration, l’article 815-3 prévoit une majorité d’au moins deux tiers des droits indivis et l’information des autres indivisaires. Il distingue les actes de disposition, pour lesquels le consentement de tous est en principe requis dans le champ concerné. Il ne crée pas une règle unique applicable à toute initiative prise face au squat. [3]
| Acte envisagé | Repère à faire vérifier | Question pratique |
|---|---|---|
| Mesure nécessaire à la conservation | Pouvoir prévu par l’article 815-2, selon la qualification de la mesure. | Quelle intervention précise protège le bien et sur quelles pièces ? |
| Gestion courante ou mandat d’administration | Règles de l’article 815-3, notamment majorité en droits et information. | La mission reste-t-elle dans le champ de l’administration ? |
| Vente amiable de la maison entière | En principe tous les consentements ; éventuelles autorisations judiciaires distinctes. | Qui doit consentir, signer ou être représenté ? |
| Cession des droits d’un seul indivisaire | Objet différent et formalités propres. | L’acheteur acquiert-il seulement une quote-part ? |
Désigner un référent peut simplifier le quotidien. Précisez s’il centralise les courriers, collecte les pièces ou demande des devis. La signature d’un mandat de vente, d’un accord avec un occupant ou d’une promesse doit être examinée séparément ; la disponibilité d’une personne ne prouve pas son pouvoir de représenter toute la famille.
Aucun accord familial ne justifie une éviction improvisée. Le Code pénal sanctionne les contraintes destinées à faire quitter un lieu habité hors du cadre légal. La stratégie de récupération et les intervenants autorisés sont à déterminer avec les professionnels compétents. [9]

03 / Les quotes-parts
Pourquoi deux héritiers sur trois ne font pas toujours deux tiers des droits
Le seuil prévu pour certains actes se calcule en droits détenus, et non simplement en nombre de personnes. Relisez les quotes-parts dans les actes avant de présenter le résultat d’un vote familial. Une impression de majorité peut être arithmétiquement fausse. [3]
| Personnes réunies | Addition des droits | Résultat |
|---|---|---|
| B et C | 2/6 + 1/6 | 3/6 : la moitié. |
| A et C | 3/6 + 1/6 | 4/6 : les deux tiers. |
| A et B | 3/6 + 2/6 | 5/6 : cinq sixièmes. |
Cette mise à plat aide aussi à comprendre les discussions sur les charges et les offres. Elle ne dispense pas d’examiner un usufruit, une mesure de protection ou une convention. Si les droits ne sont pas de même nature, un tableau unique de fractions de pleine propriété peut devenir trompeur. [2]
04 / Les dépenses
Comment suivre les dépenses sans créer un second conflit ?
Le dossier peut se tendre lorsque l’un paie régulièrement et que les autres ne savent pas à quoi servent les sommes. Mettez en place un tableau partagé avec la date, le prestataire, l’objet, le justificatif, le payeur et l’état de la décision. Distinguez les dépenses déjà faites, les devis et les montants seulement envisagés.
| Colonne | Pourquoi elle est utile |
|---|---|
| Objet et nécessité | Distinguer protection du bien, suivi courant, projet de vente et choix personnel. |
| Pièce et montant | Relier une demande de remboursement à une facture et à son paiement. |
| Accord ou pouvoir invoqué | Retrouver ce qui autorisait l’engagement et sa portée. |
| Personne qui avance | Identifier l’avance sans la confondre avec une nouvelle part de propriété. |
| Traitement à confirmer | Faire apparaître ce qui est accepté, discuté ou à examiner avec le notaire. |
L’article 815-13 distingue notamment les améliorations et les dépenses personnelles nécessaires à la conservation. Leur prise en compte ne se résume pas au remboursement automatique de toute facture à l’euro près. Conservez les preuves et faites examiner la nature et le traitement de la dépense, plutôt que de retrancher vous-même une somme du prix revenant aux autres. [5]
Une somme demandée à l’occupant ou une indemnisation espérée doit également rester séparée des fonds effectivement disponibles. Un budget de trésorerie décrit ce que la famille peut payer ; une créance discutée décrit autre chose. Cette distinction évite de fonder un choix de conservation sur un remboursement dont l’issue n’est pas connue.
Convenez aussi d’un rythme de transmission des pièces et d’un moyen de signaler une nouvelle échéance. Il n’est pas nécessaire que chaque héritier relance séparément le même professionnel. Un relevé commun des questions encore ouvertes limite les contradictions et permet de comprendre pourquoi un avis ou un devis est attendu.
05 / Les options
Comment comparer les projets quand les héritiers ne veulent pas la même chose ?
Demandez d’abord à chacun son objectif et sa contrainte principale. Vouloir conserver la maison peut exprimer un attachement familial, un projet de reprise ou le souhait de ne pas accepter une proposition trop basse. Vouloir vendre peut répondre à un besoin de trésorerie ou à l’impossibilité de gérer le bien à distance. Ces raisons ne conduisent pas à la même discussion.
Préparez ensuite une fiche commune pour chaque option : droits nécessaires, coût connu, points inconnus, démarches à examiner et condition de réexamen. Vous pourrez comparer les projets sur les mêmes informations, plutôt que de faire voter la famille sur des promesses différentes.
| Piste | Question à rendre concrète | Point de réexamen |
|---|---|---|
| Conserver et suivre le bien | Qui assure le suivi, avec quels fonds et quels pouvoirs ? | Une échéance, une difficulté d’accès ou un fait nouveau. |
| Rechercher la libération avant de décider | Quelle démarche est envisagée, par qui et dans quel périmètre ? | Un acte obtenu, un avis professionnel ou un devis précisé. |
| Étudier une vente dans l’état actuel | Quels accords et quelles informations sont nécessaires à une proposition ? | Une offre écrite et ses conditions, puis l’examen du notaire. |
Le guide de Vendre mon bien squatté sur la vente en succession ou en indivision aide à distinguer les pouvoirs, les pièces et l’objet vendu avant d’orienter vers une étude immobilière. Il correspond à la question d’une famille qui veut examiner une cession sans confondre vente commune et cession d’une part. [10]
Libère Ton Squat présente aussi une étude de rachat d’un bien squatté en indivision, avec une coordination annoncée des signatures et de l’évaluation. Une proposition peut alimenter la discussion familiale ; elle ne confère pas à l’opérateur le pouvoir de remplacer un consentement manquant ou une autorisation judiciaire. [11][3]
Un prix ne résout pas tous les désaccords. Si le problème concerne la mission, le calendrier, les frais ou la répartition, formulez ces questions séparément et faites-les examiner. Les textes commerciaux des opérateurs ne déterminent pas les règles de décision de votre indivision.
06 / Le blocage
Que faire si un héritier refuse, se tait ou ne peut pas consentir ?
Commencez par nommer le blocage exact : désaccord sur le prix, refus de toute vente, absence de réponse, coordonnées inconnues ou impossibilité de manifester une volonté. Conservez les demandes transmises et les éléments reçus. Le silence ne doit pas être transformé en accord par une date fixée dans un courriel familial.
L’article 815-5-1 organise, sous conditions et avec des exclusions, une voie judiciaire à la demande de titulaires d’au moins deux tiers des droits. Elle passe notamment par l’expression de l’intention devant notaire, sa signification, le constat d’une opposition ou d’un silence, puis l’examen du tribunal. L’aliénation autorisée s’effectue par licitation ; ce mécanisme ne permet pas de signer informellement une vente à la majorité. [6]
Il faut aussi distinguer les mesures urgentes de l’article 815-6. Depuis la modification entrée en vigueur le 9 avril 2026, le texte prévoit notamment que le président du tribunal judiciaire peut autoriser un indivisaire à conclure seul une vente. Cette possibilité reste à rattacher aux conditions du texte et au dossier, en particulier l’urgence et l’intérêt commun : elle n’est pas une permission donnée à l’héritier le plus pressé. [7]
Ces voies ne sont pas interchangeables. Un usufruit, un héritier protégé ou une impossibilité de manifester sa volonté peut modifier la démarche. Demandez au notaire ou à l’avocat le fondement précis, les pièces, les personnes à faire intervenir et ce qui serait demandé au juge. L’objectif est de préparer une demande adaptée, pas d’annoncer que le refus sera nécessairement dépassé.
Si un seul héritier souhaite sortir, la cession de ses droits est encore un autre projet. En présence d’un acquéreur étranger à l’indivision, l’article 815-14 prévoit des formalités de notification et un droit de préemption. Une vente de quote-part ne transfère pas automatiquement les droits des autres sur la maison. [8]
07 / S’organiser
Préparer une réunion familiale qui débouche sur une prochaine étape
Avant la réunion, partagez les pièces utiles et une synthèse courte, identique pour tous. Les personnes éloignées doivent disposer de la même information que celle qui voit le bien régulièrement. Notez les documents manquants sans les remplacer par une estimation présentée comme certaine.
Du désaccord général à une décision à examiner
- Poser les faitsOccupation, droits, dépenses et actes disponibles.
- Nommer l’objectifCe que chaque héritier veut préserver ou obtenir.
- Formuler les optionsProjet, coûts connus, inconnues et conditions.
- Définir le prochain acteAvis, devis ou engagement et pouvoirs à vérifier.
- Une liste des faits établis et des pièces encore attendues.
- Un tableau des droits conforme aux actes, sans arrondi trompeur.
- Un relevé des dépenses avec les justificatifs et les points discutés.
- Les options de chaque héritier et les conditions à préciser.
- Le prochain acte envisagé et le professionnel qui doit vérifier les pouvoirs.
Une décision utile n’est pas nécessairement une vente immédiate. Elle peut être l’accord pour faire examiner une question précise ou pour compléter le dossier, dans un périmètre défini. Ce travail permet ensuite de discuter une offre, un devis ou une démarche avec moins d’ambiguïtés.




